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Tous les projets ne voient pas le jour.

Et c’est ainsi.

Le design est un terrain d’endurance.

Sur cent projets esquissés, parfois un seul se réalise.

Parfois même, un sur mille.

Le reste demeure à l’état d’intuition, de croquis, de prototype inachevé.

C’est la réalité silencieuse de la création : une sélection naturelle, presque spartiate, où seules les idées les plus justes, les plus solides, parviennent à exister.

Les carnets sont remplis de projets qui n’ont jamais vu la lumière.

Ils témoignent de cette part invisible, celle où le designer cherche, doute, affine.

Où le geste précède la matière, sans certitude d’aboutir.

Certains projets ont pourtant pris forme bien au-delà du dessin.

Abu, un porte-parapluie, ou encore Alpha, ont fait l’objet de nombreuses recherches :

pré-maquettes, dessins techniques, 3D.

Des heures passées à trouver les justes proportions, à modéliser, à affiner.

Et malgré cela, ils n’ont pas encore franchi le seuil de la production.

Le projet Oxité, pensé comme une collection autour de l’identité de l’Occitanie, a suivi le même destin suspendu.

Des modélisations, des prototypes mais encore une fois, le temps, les opportunités, les rencontres n’étaient pas encore alignés.

Il faut l’accepter.

Car le design, ce n’est pas seulement créer des objets : c’est aussi apprendre à laisser certains d’entre eux derrière soi.

Chaque projet inabouti nourrit le suivant.

Il prépare le terrain, affine le regard, forge la patience. Dans ce métier, la réussite n’est jamais garantie.

Mais c’est cette incertitude qui en fait la beauté.

Le designer avance comme un artisan de la persévérance, lucide, résistant, parfois épuisé, mais toujours animé par la même foi :

que, sur cent ou sur mille tentatives, une finira par trouver sa place.

C’est là, dans cette exigence presque spartiate, que naît la vérité du design :

celle d’un geste qui persiste, même quand tout semble voué à disparaître.