Au cœur de la mosquée de Toulouse, la fontaine Adam se dresse comme une ode au mouvement intérieur du fidèle. Son design puise dans l’essence même de la prière, traduisant en formes fluides et épurées les gestes qui rythment cette élévation spirituelle.
L’eau, filet vertical et limpide, devient la présence du fidèle debout, ancré dans sa posture d’élévation. Une ligne, courbée et tournée en révolution, évoque l’inclinaison du corps (rukû) en pleine humilité. Enfin, une dernière courbe épouse la silhouette prosternée (soujoud), là où le front touche la terre dans l’abandon le plus profond.
Le motif ajouré, découpé au laser, joue avec la lumière et l’ombre, faisant disparaître et renaître la matière, rappelant ainsi le passage de l’éphémère à l’éternel. Son nom, Adam (آدم), trouve un écho dans ses lettres arabes : Alif, Dal et Mim, trois caractères qui, dans leur tracé, résonnent avec les 3 postures de la prière. Comme une boussole tournée vers l’Orient, les lignes de cette fontaine suivent la logique de la révolution, miroir de l’âme en quête de sa Qibla.
De l’image à la matière : une évolution nécessaire
Entre le projet initial et sa réalisation concrète, la fontaine Adam a connu une métamorphose, une adaptation nécessaire. Pensée d’abord comme une œuvre autonome, sans alimentation en eau ni en électricité, elle a dû être réadaptée pour s’ancrer pleinement dans son espace.