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Au cœur de la mosquée de Toulouse, la fontaine Adam se dresse comme une ode au mouvement intérieur du fidèle. Son design puise dans l’essence même de la prière, traduisant en formes fluides et épurées les gestes qui rythment cette élévation spirituelle.

L’eau, filet vertical et limpide, devient la présence du fidèle debout, ancré dans sa posture d’élévation. Une ligne, courbée et tournée en révolution, évoque l’inclinaison du corps (rukû) en pleine humilité. Enfin, une dernière courbe épouse la silhouette prosternée (soujoud), là où le front touche la terre dans l’abandon le plus profond.

Le motif ajouré, découpé au laser, joue avec la lumière et l’ombre, faisant disparaître et renaître la matière, rappelant ainsi le passage de l’éphémère à l’éternel. Son nom, Adam (آدم), trouve un écho dans ses lettres arabes : Alif, Dal et Mim, trois caractères qui, dans leur tracé, résonnent avec les 3 postures de la prière. Comme une boussole tournée vers l’Orient, les lignes de cette fontaine suivent la logique de la révolution, miroir de l’âme en quête de sa Qibla.

De l’image à la matière : une évolution nécessaire

Entre le projet initial et sa réalisation concrète, la fontaine Adam a connu une métamorphose, une adaptation nécessaire. Pensée d’abord comme une œuvre autonome, sans alimentation en eau ni en électricité, elle a dû être réadaptée pour s’ancrer pleinement dans son espace.

Les contraintes techniques et budgétaires ont guidé une nouvelle approche, donnant naissance à une structure entièrement métallique, réalisée par découpe laser, assemblée en plusieurs morceaux, poncée puis thermo-laquée avant son installation finale.

Sur place, l’intégration a nécessité un travail minutieux : il a fallu créer un système d’évacuation de l’eau, retirer les pavés pour dissimuler une gaine souterraine assurant une alimentation en électricité.

Mais bien plus qu’un simple point d’eau, la fontaine Adam s’inscrit dans un équilibre entre modernité et tradition. Connectée, elle dialogue avec le temps et les rites. À l’approche de l’appel à la prière (Adhan), elle s’anime : des pulsations lumineuses, semblables à un battement de cœur, précèdent un jet d’eau plus intense. Puis, à la fin de l’appel, elle s’éteint doucement, laissant place au recueillement.

Son éclairage évolutif accompagnera aussi les moments de célébration, changeant au rythme des événements, notamment lors des fêtes de l’Aïd.

Ainsi, la fontaine Adam est un hommage à cet acte de dévotion qu’est la prière, le moment où le fidèle est en communion profonde avec son créateur, un pont entre le visible et l’invisible. Par le jeu subtil de l’eau et de la lumière, la fontaine incarne cette rencontre entre le terrestre et le spirituel, entre la matière et l’intangible.